Grand Prix 2003 - Père Ceyrac

Cérémonie de remise du prix - 25 novembre 2003

© O.Seignette

Le 25 novembre 2003 au Palais de l’Elysée, le Président de la République, Monsieur Jacques Chirac, a remis le prix au Père Ceyrac en présence d’Elie Wiesel, de nombreux membres de l’Académie Universelle des Cultures et de leurs invités.

Biographie du Père Ceyrac

« J'ai vécu une immense aventure. J'en suis très reconnaissant. J'ai rencontré des gens hors du commun, de très grands saints, comme mère Térésa, ou de très grands personnages, comme le Mahatma Gandhi. J'ai rencontré des gens de très grande stature jusqu'aux derniers petits, des gens de la rue, qui sont extraordinaires et dont on parle si peu. Mais ce sont eux qui font d'abord la texture de nos vies, qui en impriment le filigrane.»

En 1937, Pierre Ceyrac, jeune jésuite de 23 ans, originaire de Corrèze, décide de partir en Inde. Un départ influencé notamment par l’exemple de son oncle missionnaire.

Etre missionnaire signifiait pour lui « renaître », « s’incarner » dans la culture du pays qu’il avait choisi. « Ce sentiment d'appartenance à l'Inde n'a fait que croître à mesure que je m'enfonçais dans sa culture et m'identifiais avec son peuple...»

En effet, il s'initie à la culture et aux religions de l'Inde. Licencié en tamoul et en sanskrit (1950-1951), il est ordonné prêtre en 1945, avant d'être nommé aumônier national d'un mouvement d'étudiants catholiques des universités indiennes de l'Inde (1953-1970). Il sillonne le pays qui compte alors 86 universités. Il explore « le mystère de l’Inde (…) cette tension continuelle entre la beauté et l’angoisse ». C’est à cette époque qu’il décide de s’investir dans des actions concrètes.

« On ne peut philosopher dans les universités quand les gens meurent de faim à côté ». « Dans les combats de ma vie, j'ai toujours pris garde à ne jamais séparer le combat pour la foi de celui pour la justice et pour les pauvres. Autrement, les actes nient la foi et la foi est stérile ». Dès lors, suivant les traces du Mahatma Gandhi, qu'il a connu, il dénonce le système des castes et manifeste en faveur de l'intégration des Dalits (intouchables). Sous son impulsion, un vaste réseau composé d’étudiants indiens (ils sont près de 100 000 aujourd’hui) voit le jour avec des chantiers humanitaires destinés à construire des maisons et des villages pour les pauvres et les lépreux vivant sur les trottoirs de Madras. Pour faire face au problème de l'eau dans les campagnes, le Père Ceyrac lance l'opération « mille puits » dans le Sud de l'Inde.

Accompagné de ses amis, il transforme à Manamadurai (au sud de Madras), région dévastée par la famine, 40 hectares arides en un immense potager. Cette ferme coopérative nourrit aujourd’hui près de 400 000 personnes.

Dans les années 1980, lors de l'arrivée massive de réfugiés cambodgiens à la frontière thaïlandaise, le Père Ceyrac est appelé par la Compagnie de Jésus pour prendre la direction d'une équipe de volontaires. Sa mission, prévue pour six mois, durera treize ans.

De retour en Inde en 1994, le Père Pierre Ceyrac crée un centre - unique dans le Sud de l'Inde - pour l'opération des enfants poliomyélitiques, un foyer d'études pour les enfants de prisonniers (SEED), un pôle éducatif (le DACA) qui permet aux Dalits de passer un diplôme et d'apprendre un métier, enfin un réseau immense d'accueil à 35.000 enfants des rues.

Retour "Grand Prix"