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Grand
Prix 2000 - Vaclav Havel

La cérémonie s'est déroulée
le 1er février 2001 au collège de France en présence du Premier
Ministre, Monsieur Lionel Jospin, du Ministre de l'Education
Nationale, Monsieur Jack Lang, des représentants de l'Académie
Universelle des Cultures ainsi que de nombreuses personnalités
du monde politique, scientifique, littéraire et artistique.
Biographie de Vaclav Havel
Né le 5 octobre 1936
à Prague, écrivain et dramaturge, Vaclav Havel fut l'un des
premiers porte-parole de la Charte 77 et l'une des figures
principales de la Révolution de Velours en 1989.
Dernier Président de
la Tchécoslovaquie et premier Président de la République tchèque,
Vaclav Havel a vu le jour dans une famille bien connue d'entrepreneurs
et d'intellectuels qui était intimement liée aux événements
culturels et politiques qui se déroulèrent en Tchécoslovaquie
entre les années 1920 et les années 1940. Du fait de ses liens
familiaux, le jeune Havel ne fut pas autorisé par les autorités
communistes à entreprendre de véritables études au terme de
sa scolarité en 1951. Au début des années 1950, il entra en
apprentissage pour quatre ans comme assistant de laboratoire
de chimie et il entreprit parallèlement de suivre des cours
du soir afin d'achever sa formation secondaire, ce qu'il parvint
à faire en 1954. Pour des raisons politiques, il ne fut admis
dans aucun établissement d'enseignement supérieur de caractère
littéraire, il prit donc la résolution de poursuivre ses études
à la Faculté de sciences économiques de l'Université technique
tchèque dont il suivit l'enseignement pendant deux ans.
La tradition intellectuelle
de sa famille voulait que Vaclav Havel se consacrât aux valeurs
humanistes de la culture tchèque qui étaient réprimées sans
pitié dans les années 1950. Après son retour de deux ans de
service militaire, il travailla comme technicien dans un théâtre,
d'abord au Divadlo ABC, puis, en 1960, au Divadlo Na zabraldi.
Entre 1962 et 1966, il suivit par correspondance les cours
d'art dramatique de la Faculté d'art dramatique de l'Académie
des Arts musicaux. Il acheva ses études en rédigeant une étude
de la pièce Eduard qui devait plus tard lui fournir
la base de sa propre pièce La difficulté accrue de se concentrer.
Depuis l'âge de 20 ans, Vaclav Havel a publié une série d'articles
et de critiques dans les colonnes de divers périodiques littéraires.
Ses premières œuvres furent montées sur la scène du Divaldo
Na zabraldi, et notamment sa pièce La garden party
en 1963. Il fut bientôt considéré comme l'un des auteurs majeurs
de la tendance de la renaissance tchèque des années 1960.
Cette prise de conscience civique culmina dans l'épisode historique
du Printemps de Prague, en 1968. Au cours de cette période,
Havel ne se contenta pas de produire de nouvelles pièces,
comme Le mémorandum, en 1965, et La difficulté accrue
de se concentrer, en 1968, il fut aussi actif en tant
que président du Club des écrivains indépendants et membre
du Club des non partisans engagés. À partir de 1965,
il écrivit dans les colonnes du mensuel non-marxiste Tvar.
En 1956 il fit la connaissance
d'Olga Splichalova et ils se sentirent mutuellement attirés
par la différence de leurs milieux familiaux. Huit ans plus
tard, leur liaison se transforma en mariage. Depuis cette
date, Olga a été présente au côté de Vaclav dans tous les
moments les plus difficiles de leur existence. Des années
plus tard, le futur Président devait évoquer Olga comme son
soutien indispensable.
À la suite de l'écrasement
du Printemps de Prague et de l'invasion des armées du Pacte
de Varsovie, Havel s'opposa à la répression politique qui
marqua les années de la prétendue " normalisation "
communiste. En 1975 il écrivit une lettre ouverte au Président
Husak dans laquelle il l'avertissait de la montée de l'hostilité
dans la société tchécoslovaque. Cette activité culmina dans
la rédaction de la Charte 77. Publiée en janvier 1977,
celle-ci incarnait les traits principaux de la protestation
silencieuse de la population tchécoslovaque contre le gouvernement
communiste et contre l'oppression qu'il exerçait, en même
temps qu'elle fournissait un nom au mouvement de résistance
à cette oppression. Vaclav Havel était l'un des hommes à l'origine
de cette initiative et l'un de ses tous premiers porte-parole.
En avril 1979, il fut l'un des co-fondateurs du Comité
pour la défense des personnes injustement opprimées. Il
fut arrêté à plusieurs reprises pour ses prises de position
et passa près de cinq ans en prison.
À cette époque, les
autorités tchécoslovaques interdirent totalement la publication
des œuvres de Vaclav Havel. L'éditeur allemand Rowohlt parvint
alors à publier, avec l'aide de l'ancien agent littéraire
de Havel, Klaus Juncker, une compilation presque complète
des œuvres de Havel.
Dans la deuxième moitié
des années 1980, alors que se développait le dialogue entre
l'Union soviétique et les démocraties occidentales, une montée
de l'insatisfaction ouverte du public à l'égard du gouvernement
se fit perceptible dans la société tchécoslovaque. Les habitants
se montraient de plus en plus réticents devant la politique
de répression du régime communiste et ils manifestèrent cette
réticence en signant la pétition intitulée Quelques phrases
dont Vaclav Havel était l'un des auteurs. Alors que la Charte
77 n'avait eu que quelques centaines de signataires, cette
pétition fut signée par plus de 30 000 Tchécoslovaques. Le
grand changement commença par une manifestation pacifique
d'étudiants le 17 novembre 1989 à l'occasion de la commémoration
de la fermeture des établissements d'enseignement supérieur
par l'occupant nazi. La police du régime communiste réprima
brutalement cette manifestation à Narodni Trida, dans les
rues de Prague. Les étudiants et les artistes prirent la tête
des soulèvements civiques qui suivirent cette répression.
La réunion du Club théâtral le 19 novembre vit la naissance
du Forum civique qui servit de parapluie aux organisations
et aux personnalités qui exigeaient des changements fondamentaux
dans le système politique tchécoslovaque. Dès sa création,
Vaclav Havel en fut la figure de proue. Le mouvement connut
son paroxysme le 29 décembre 1989 avec l'élection de Vaclav
Havel, candidat du Forum civique, à la présidence de l'Assemblée
fédérale de Tchécoslovaquie. Il prit l'engagement, dans son
discours inaugural, de mener le pays à des élections démocratiques,
ce qui fut réalisé à l'été 1990. Le 5 juillet, la nouvelle
assemblée réélisait Vaclav Havel à la présidence.
Ses prises de positions
inébranlables tout au long des années de totalitarisme communiste
ont conféré à Vaclav Havel une autorité morale reconnue. La
profondeur de sa perception des questions de civilisation
et sa réflexion sur la formation d'une problématique en ce
domaine ont fait de lui une personnalité exceptionnelle et
respectée jusque dans l'exercice de ses fonctions d'homme
politique et de Chef de l'État.
Au cours de son second
mandat à la tête de la Fédération tchèque et slovaque, une
rupture commença à se manifester entre les représentants politiques
des deux communautés au sujet de la future organisation de
l'État. Vaclav Havel était un partisan convaincu de la Fédération
entre Tchèques et Slovaques et fit constamment usage de son
influence pour la maintenir. Au lendemain des élections législatives
de juillet 1992, les principaux groupes parlementaires ne
purent se mettre d'accord sur un modèle fonctionnel de fédération,
ce qui accentua la rupture entre les factions politiques tchèque
et slovaque et ne permit pas à Vaclav Havel d'obtenir la majorité
à l'élection présidentielle du 3 juillet 1992. Autorisé par
la constitution tchécoslovaque à rester en place jusqu'au
20 juillet, Vaclav Havel, dans l'incapacité de respecter selon
ses convictions les termes de son serment de loyauté à la
République, remit sa démission.
Il quitta alors momentanément
la vie politique. À la mi-novembre 1992, au moment où l'institution
d'un État tchèque indépendant était imminente, il annonça
sa candidature à la présidence. Sa désignation comme candidat
par quatre partis de la coalition gouvernementale fut officiellement
faite le 18 janvier 1993 et le 26 janvier il était élu par
la Chambre des députés premier Président de la République
indépendante tchèque.
Son épouse, Olga Havlova,
a consacré essentiellement sa vie à des activités charitables.
Sur le modèle de l'œuvre réalisée par le Comité pour la
défense des personnes injustement opprimées, elle créa
en 1990 la Fondation de la bonne volonté dont les activités
avaient pour but d'aider les handicapés physiques et mentaux.
Elle est décédée en 1996 des suites d'une longue et cruelle
maladie.
Havel subit une épreuve
supplémentaire à la fin de 1996 avec le diagnostic d'une grave
affection pulmonaire. Grâce à un dépistage précoce et à l'intervention
radicale de ses médecins, il lutta victorieusement contre
la maladie. Il puisa un profond réconfort dans cette période
douloureuse dans la présence de son amie Dagmar Veskrnova
qu'il épousa peu après sa sortie de l'hôpital en janvier 1997.
Au milieu de circonstances politiques difficiles, il fut réélu
à la présidence de la République par les deux chambres du
Parlement le 20 janvier 1998. Son œuvre littéraire et théâtrale,
sa vie entière d'engagements et de convictions et sa défense
des droits de l'homme ont valu à Vaclav Havel de nombreuses
décorations, récompenses internationales et distinctions universitaires.
Le 1er février 2001,
Lionel Jospin, Premier ministre, lui a remis le Grand Prix
de l'Académie Universelle des Cultures pour son œuvre théâtrale
et sa résistance contre l'oppression politique qui ont marqué
l'histoire de son pays depuis le Printemps de Prague.
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"Grand Prix"
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